Vendredi 4 juin 2010 — Dernier ajout samedi 5 juin 2010

À la chasse au spammeur

Ceci est une histoire vraie : la recherche de l’origine d’un spam venant d’une société française ne respectant pas les dispositions de la LcEN demandant qu’on puisse au moins se désabonner simplement.

Aillant reçu des menaces de procès de la part du spammeur le 25 décembre 2005 [1], cet article est volontairement épuré de référence explicite.

Depuis début 2005, j’ai reçu régulièrement un message :

Cher professionnel,

Vous recherchez un puissant site dynamique ou votre site n’est plus à la page : manque de dynamisme, simple site vitrine, impossible à mettre à jour, manque de souplesse, mal référencé… Découvrez l’une des solutions les plus puissantes du marché : votre site clef en main avec son interface de mise à jour.

/…

Pou r ne plus recevoir d’offres adresse email non monitorée

Le mail ne permet évidement pas le désabonnement (le mail étant comme indiqué, non monitoré).

Une recherche dans Google du nom de la solution conduit à leur site.

Sur ce site, un numéro de téléphone non surtaxé (pas comme le mobile de la pub) permet de les contacter pour demander à être retiré de leurs envois de spam (dans d’autres cas, il est facile de faire un whois sur le nom de domaine pour trouver un numéro de téléphone fixe).

J’ai donc appelé, et tombant sur un répondeur, j’ai demandé à être rappelé au sujet de leur offre. Rappelé 2h plus tard, j’ai demandé à être retiré de leur base de données d’envoi de mail ce qui devrait être fait d’après ce que la personne au bout de fil m’a dit.

J’ai signalé à mon interlocuteur qu’il était en porte à faux par rapport à la LcEN quant à la possibilité de se désabonner. Je cite sa réponse : « Je vends du site web, il est normal que je le fasse par mail. ».

Mise à jour du 4 juillet 2005 : j’ai encore reçu un SPAM de cette société ce WE. J’envoie donc un mail basé sur les recommandations de la CNIL. La prochaine étape, c’est la plainte auprès du procureur de la République.

Mise à jour du 29 juillet 2005 : nouveau SPAM de cette société ce matin. Je vais donc écrire au procureur de la République.

Mise à jour du 25 décembre 2005 : la société en question vient de me faire parvenir après la menace de mise en demeure, l’indication d’une assignation en référée avec 3000€ d’amende par jour de retard, une interdiction de citer le nom de la dite société sans sans accord…

Par prudence, je retire donc cet article de mon site et l’efface du cache de Google.

Mise à jour du juin 2010 : je publie de nouveau cette page, mais dans une version édulcorée. Les menaces étaient fausses. Aucun tribunal ne m’a contacté. De toute manière, le délais légal d’action de 3 mois est passé : Comment réagir lorsque l’on est injurié ou diffamé sur le net !

Il me semble que cette expérience peut servir à d’autres : le SPAM, c’est mal. Mais les spammeurs peuvent essayer de se défendre [2] et il vaut mieux ne pas leur donner ce plaisir.

Autre remarque : il est vraiment curieux de trouver dans un mail daté du 28 juin 2005 une promotion pour le 30 avril…

Et pour ceux qui voudraient plus d’information sur quoi faire en cas de SPAM

[1Spammeur qui est celui-là même qui a influencé la Loi sur la confiance en l’Économie Numérique pour permettre le SPAM B2B

[2Ceci dit, les spammés aussi : en Russie, dernièrement, 2 spammeurs notoires ont été assassinés…